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Par-delà la crise du homard, qui va passer, les Îles-de-la-Madeleine ont une économie qui se tient.
D'accord, les Îles-de-la-Madeleine, c'est loin : 13 heures de route de Montréal jusqu'à l'Île-du-Prince-Édouard, puis 5 heures en bateau jusqu'au quai de Cap-aux-Meules. Mais le paysage est féerique, avec ses collines et ses 80 km de dunes et de bord de mer. Les gens sont dynamiques et accueillants, la bouffe est insurpassable, le vent est bon. Et c'est chez nous.
Mais ce que peu de Québécois savent, c'est que les Îles ont une base économique qui se tient. Si on sort des agglomérations de Rivière-du-Loup et de Rimouski, c'est aux Îles que le revenu par habitant est le plus élevé de tout l'est du Québec : 29 100 dollars par habitant en 2008, soit 87 % de la moyenne de l'ensemble du Québec. Ce n'est pas le Pérou, mais c'est mieux qu'ailleurs sur la Côte-du-Sud, dans le Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
La population totale des Îles est à peu près stable, à 13 000 habitants. Entre les deux recensements de 1996 et de 2006, la région a connu un essor économique remarquable. L'emploi a crû de 20 % et le chômage a baissé de 45 %. Naturellement, la pêche au homard tient le devant de la scène. En mai 2006, elle fournissait plus d'un millier d'emplois, en plus d'en soutenir plusieurs centaines d'autres dans la transformation. La mine de sel Seleine, à Grosse-Île, comptait 160 employés. L'industrie touristique est évidemment très vigoureuse. L'hébergement et la restauration employaient 500 personnes au printemps 2006. Le secteur public, qui comprend les écoles, les établissements de santé et de services sociaux ainsi que l'Administration, est bien présent, mais pas plus qu'ailleurs au Québec.
Le succès économique des Îles repose sur trois piliers. Le premier est l'éducation. Au cours des dernières décennies, la scolarisation des Madelinots a fortement progressé. Aujourd'hui, seulement 13 % des jeunes adultes de 25 à 34 ans n'ont aucun diplôme scolaire. C'est à peine plus que la moyenne québécoise de 12 %.
Le deuxième pilier est la solidarité des gens. Lorsque les biologistes les ont alertés à propos du risque de diminution des stocks de homard, les Madelinots les ont pris au sérieux. Leur gestion rationnelle et consensuelle de la ressource est aujourd'hui donnée en exemple dans toute l'Amérique. Elle a permis d'éviter que le homard ne connaisse le même sort que la morue de l'Atlantique au début des années 1990. Dans ce dernier cas, Terre-Neuve, Ottawa et les pays étrangers refusèrent si longtemps d'entendre les cris d'alarme des biologistes que la surpêche finit par éliminer l'espèce des Grands Bancs.
La solidarité des Madelinots est de nouveau mise à l'épreuve, cette fois par la dégringolade du prix du homard qui a frappé le nord-est de l'Amérique depuis trois ans. Le prix à quai de la livre de homard est demeuré stable, autour de 6 dollars, de 2001 à 2007, mais il a plongé jusqu'à 3,60 dollars depuis cette date. Les pêcheurs des Îles ont vu leurs recettes brutes passer de 33 millions de dollars en 2007 à 20 millions en 2010. Inutile de dire que les frais d'exploitation, eux, n'ont pas diminué et que les pertes sont considérables. En plus d'une aide publique d'urgence à court terme, l'intégration des pêcheurs à l'assurance stabilisation des revenus agricoles paraît souhaitable à moyen terme.
Le troisième pilier constitue toute une surprise : les Îles-de-la-Madeleine ont été la seule MRC de l'est du Québec (avec celle de Rivière-du-Loup) à enregistrer un solde migratoire positif de 2001 à 2009. Comme ailleurs, nombre de jeunes quittent la région pour aller travailler dans les grands centres urbains. Mais ils sont remplacés par d'autres, encore plus nombreux, qui viennent s'installer aux Îles. Parmi eux, de jeunes entrepreneurs, des artisans et des artistes, de même que des Madelinots exilés qui reviennent à la maison pour y vivre leur retraite.
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Ce sont les provinces de l'Atlantique (la Nouvelle-Écosse surtout) qui dominent l'industrie de la pêche au homard en Amérique du Nord.
Région Tonnes métriques Pourcentage
Îles-de-la-Madeleine 2 522 3
Gaspésie et Côte-Nord 933 1
Provinces de l'Atlantique 53 593 56
États-Unis 38 745 40
Total 95 793 100
(Sources : Pêches et Océans Canada, National Oceanic and Atmospheric Administration des États-Unis.)